Quand l’écologie politique reconnaitra l’apport des spiritualistes ?

« En 1974 à l’initiative de divers groupes et personnalités (Amis de la Terre, Pollution Non, Jean Carlier et les Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie) René Dumont fut choisi pour se présenter à l’élection présidentielle consécutive à la mort du Président Pompidou, en tant que premier candidat écologiste. Le résultat est faible (1,32 % des votes), mais il s’agissait surtout d’utiliser les médias et particulièrement la télévision pour faire connaître la pensée écologiste en politique.

En avance sur son temps, le plus célèbre des agronomes français, bien connu pour son éternel pull over rouge, a surpris les Français en se montrant à la télévision avec une pomme et un verre d’eau, pour leur expliquer avec des mots tout simples combien ces ressources étaient précieuses et en péril. Il prédisait l’inévitable hausse du prix des carburants.

La politique écologique française fondée par Dumont est contre la guerre, contre le capitalisme, pour la solidarité entre les peuples et prenant en compte le monde sous-développé. Certains, toutefois, considèrent que ces racines ne sont pas suffisamment ancrées dans l’écologie profonde.

A la suite de sa campagne, en juin 1974, lors des Assises de Montargis (Loiret), où se réunissent les militants qui s’étaient engagés dans celle-ci, sera fondée la première organisation de l’écologie politique d’envergure nationale : le Mouvement écologique.

Certains voient en René Dumont le père spirituel du parti des Verts, Les Verts dont il soutint régulièrement les candidats à la présidentielle et qui après sa mort créèrent une fondation portant son nom, l’ont toujours considéré comme l’un des leurs. C’était sûrement un humaniste de gauche, mais surtout un mondialiste, et certainement un altermondialiste ; il était membre fondateur d’Attac. » (1)

36 ans ! donc… que l’écologie politique est entrée dans le débat républicain par la grande porte ! La « grande porte » étant bien entendu l’élection présidentielle, pas la télévision ! 😉

Voyez et écoutez son candidat :
http://www.ina.fr/media/entretiens/video/CAF92033886/rene-dumont.fr.html

Ca fait réfléchir, n’est-ce pas, quelle que soit notre couleur politique, sur la qualité du contenu du débat publique amené par les hommes et les femmes politiques jusqu’au début des années 70 ? Quand on compare avec les contenus débattus aujourd’hui dans les médias, ça fait pleurer. A cette époque des débats contradictoires d’envergure, à la télévision, il y en avait plusieurs fois par an. Aujourd’hui !? C’est simple, il n’y en a plus. Seulement durant les présidentielles et avec une pondération telle que les téléspectateurs zappent sur l’autre chaine. En 1974, le personnel politique amenait encore à la société française du contenu et de l’argumentation, de l’humain, pas de la politique spectacle, jouant sur les effets d’annonce, les réseaux sociaux du web 2.0, les paillettes et la presse people…

Cependant René Dumont, bien qu’il condamne le consumérisme et le libéralisme, n’en demeure pas moins un matérialiste. C’est ce qui lui fera dire que les thèses spiritualistes sont « anti-scientifiques » et notamment celles « des disciples du charlatan Steiner ». Vous entendrez là les anthroposophes perpétuant la pensée de Rudolf Steiner.

D’ailleurs dans la revue TRIADES de l’été 1989, p 87, l’un d’entre-eux, membre ou sympathisant, lui répond par une lettre ouverte, que voici :

http://docs.google.com/viewer?a=v&pid=sites&srcid=ZGVmYXVsdGRvbWFpbnxjbHViZGVsZXVyb3BlfGd4OjYxNTFhZTc1N2UwZWFmNTg

Cette réaction reste encore aujourd’hui d’actualité dans un mouvement politique en construction, en passe de devenir la 3ème force politique française. Les élus écologistes ont encore du mal à parler des valeurs et mouvements qui sous-tentent l’écologie, comme les nouvelles spiritualités, la décroissance (René Dumont parle de croissance 0), les communautés autonomes et alternatives, etc. Ils sont plus à l’aise sur le terrain et les registres de leurs adversaires, peut-être par mimétisme ? Quand arriveront-ils à mettre en pratique le pluralisme, la richesse, l’esprit de co-construction et d’initiative, bref les ressources de ceux de leurs concitoyens qui constituent, pour une grande part, leur base historique ?

Laissons conclure l’auteur de la lettre ouverte :

« Non seulement vous ne saisissez pas la chance de faire alliance avec des mouvements culturels et philosophiques qui pourraient nous mener à une révolution culturelle écologiste, mais vous nous discréditez, vous divisez et affaiblissez le mouvement écologique en proférant le mépris et le sectarisme. Car il s’agit bien d’un sectarisme, celui d’un fanatisme anti-mystique. »

(2) Revue anthroposophique trimestrielle. fondée et dirigée par Simone Rilhouët-Coroze de 1953 à 1971. Dirigée par Henriette Bideau de 1971 à 1985.

(1) : source : wikipédia.fr

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