Mondialisation : « Les riches réclament la concurrence, mais ce qu’ils veulent, c’est le monopole. » Noam Chomsky

Pendant que les Etats-Unis cherchent à s’assurer pour l’avenir le contrôle monopolistique, les firmes pharmaceutiques qu’ils protègent exploitent joyeusement la somme de savoir des cultures indigènes, accumulée au cours des siècles, pour des produits qui rapportent chaque année quelques 100 milliards de dollars de bénéfices. Elles n’offrent pratiquement rien en retour aux autochtones qui conduisent les chercheurs aux médicaments, aux graines et aux autres produits qu’ils ont mis au point et qu’ils perfectionnent depuis des millénaires. L’ethnobotaniste Darrell Posey estime à « 43 milliards de dollars la valeur du marché mondial annuel de médicaments dérivés de plantes médicinales découvertes chez les peuplades indigènes« . »Moins de 0,001 % des profits réalisés par des médicaments qui trouvaient leur origine dans les médecines traditionnelles sont revenus aux peuples indigènes qui les ont fait découvrir aux chercheurs. » Selon lui, des bénéfices au moins du même ordre proviennent des insecticides naturels, des produits anti-insectes et des substances génétiques d’origine végétale. L’industrie mondiale des semences, qui représente chaque année à elle seule quelque 15 milliards de dollars, repose dans une large mesure sur les substances génétiques provenant de variétés de cultures « sélectionnées, élevées, améliorées et mises au point par des fermiers innovateurs du tiers-monde depuis des centaines, voire des milliers d’années », ajoute Maria Helena Hurtado.

Seul le savoir des riches et des puissants mérite d’être protégé.

Le directeur du Groupe de travail sur la législation en matière de brevets de l’Inde fait remarquer que « les contradictions et l’hypocrisie ont atteints des niveaux stupéfiants ». Les riches « réclament la concurrence, mais ce qu’ils veulent, c’est le monopole. C’est du chantage. Ils cherchent à refaire par l’intermédiaire des lois économiques ce qu’autre-fois, les puissants réalisaient avec des armées d’invasion et d’occupation. » Le directeur d’une firme pharmaceutique de Bombay ajoute que les Occidentaux « ont protégé leurs propres industries naissantes ; ils ont pillé le monde pour bâtir leur richesse ; et maintenant, ils viennent prêcher aux autres pays de faire ce qu’ils n’ont jamais fait eux-mêmes ». Les pays développés « n’ont autorisés les brevets de produits qu’après que leur industrie et leur infrastructure eurent été bien établis chez eux. L’Allemagne n’a autorisé les brevets de produits pharmaceutiques qu’en 1966, le Japon en 1972, l’Italie en 1982. » La conséquence des nouvelles règles économiques sera d’empêcher des pays comme l’Inde de fabriquer des médicaments vitaux pour un prix infime par rapport à celui demandé par les firmes des pays riches subventionnés par l’Etat.

[…] Le principal journal égyptien, al-Ahram, qualifie de Nouvel Ordre mondial dans son ensemble de « piraterie internationale codifiée ». […] Ce déchaînement de piraterie connaît un regain de violence à un moment où l’agriculture et le savoir indigènes sont minés par les pressions exercées sur le Sud pour qu’il cesse de produire pour ses propres besoins en faveur d’exportations agricoles écologiquement insoutenables, ceci dans l’intérêt des multinationales.

Noam Chomsky 1996, L’an 501, la conquête continue, éd de l’Herne 2006, p 158

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