[Histoire – Aviation] La Libération (9) : hommage à Marcel, le dompteur de Yaks ! – AgoraVox le média citoyen

Ah, le sourire moqueur d’Albert, enfin de Marcel, car notre héros du jour s’appelait Marcel Albert ! Il vient juste de nous quitter, à 92 ans bien remplis, heureux de constater, selon lui, que depuis plus de cinquante ans, il n’y avait plus eu de déflagration mondiale. Un peu grâce à lui, à vrai dire. Marcel, par ses vieux et vrais amis, était surnommé le « roi des neu-neus » : n’importe quel gamin qui tomberait la-dessus, en 2010, y verrait sujet de moquerie. Pas chez les « neu-neus », si fiers de l’être, cette bien étrange confrérie, une espèce vraiment à part d’individus, qui ne se seraient jamais imaginés un jour se retrouver au beau milieu de l’URSS, à bord d’un Yak-3 russe, à pourchasser le Messerschmitt et le Junkers : ces « neus-neus » là ne sont autres que les membres de la célèbre escadrille de Normandie-Niemen, un cas vraiment à part de notre histoire aéronautique, une escadrille créée… au Liban ! Tous des volontaires, qui ont littéralement estomaqué les soviétiques, pourtant réputés excellents pilotes, par leur maîtrise et leur adresse, mais aussi par leur esprit de solidarité et de camaraderie, proverbiale. C’était avant tout un vrai groupe d’amis, tous talentueux. Histoire d’un grand bonhomme, meilleur pilote de son escadrille, devenu héros de l’union soviétique et mort ce 24 août….au Texas !

La carrière d’Albert, débutée le 7 décembre 1938 (il a été pilote à 20 ans !), c’est du lourd, accrochez-vous donc et laissons-lui nous la raconter : « j’ai participé à 37 missions de combat durant la campagne de France, 15 missions en Afrique du Nord (y compris au-dessus de Mers el-Kébir), 47 missions en Grande-Bretagne dont 15 sweep au-dessus de la France occupée et 199 missions en Russie. J’ai descendu 24 appareils ». On peut toujours s’aligner là… Albert sera un des quatre pilotes français décoré de la plus prestigieuse médaille russe : il deviendra même en effet « héros de l’union soviétique« … un honneur plutôt reconnu (Gagarine, par exemple, en a été décoré). 24 appareils, à son score, et donc le second recordman derrière Clostermann et ses 33 victoires. Oui, vous avez bien lu également, à un moment, dedans il y a obligatoirement des avions anglais : Albert s’est retrouvé à tirer contre la RAF : en Irak, des avions allemands étaient arrivés pour soutenir la rebéllion, et les anglais s’étaient sentis obligés d’intervenir. En juillet 40, le véritable massacre de la flotte française à Mers-El-Kébir avait laissé des traces, et le ressentiment anti-anglais été vif, ce dont profitait Vichy. Les 1380 morts pesaient trop lourd.
Au « Levant » comme on disait alors fut envoyé en juin 1941 par exemple le groupe de chasse GCIII/6, déjà replié en Afrique du Nord après la campagne de France, et composé de Dewotine D-520 pour combattre… les « Hurricane » ou les « P-40 » (redoutés) anglais. A Brindisi, dans les Pouilles, ils se retrouvent en caserne avec des Italiens… qui les avaient attaqués « dans le dos » quelques mois auparavant (Le Gloan en abattu 5 en une seule journée !), ou avec des pilotes de Junkers 88 allemands : l’ambiance n’est pas au mieux et l’idée de partir à Londres fait son chemin chez les pilotes. Enfin, parfois ça se passait bien : Pierre Le Gloan, le chef de l’escadrille se dirige un jour vers un pilote allemand et lui demande « s’il n’a pas été à nouveau descendu ». Le pilote sourit et tend la main : Le Gloan l’avait abattu à bord de son Dornier 17, et lui avait apporté une bouteille de Champagne quand il avait appris qu’il avait été fait prisonnier à Verdun ! Du 8 juin au 8 juillet, les Dewoitine partent au Liban, à Rayak : ils y abattront 23 avions (dont 15 anglais) en 124 missions, et perdront 4 pilotes.
Chez la GC1/3 d’Albert, stationné elle à Oran, même chose : la tentation de traverser les lignes est grande, car à Oran, en prime, les avions à museau jaune et rouge (couleur de Vichy) sont plutôt inactifs à cet endroit. Et s’il y a bien quelque chose que déteste un pilote, c’est de ne pas voler ! Rejoindre DeGaulle ? Oui, mais comment faire ? Chez Albert et deux de ses potes, c’est vite décidé : on ne va quand même pas laisser les D-520 à Pétain, se disent-ils, et de tirer sur des Hurricane anglais avec, non merci, Mers-El-Kebir nous a suffi : le 14 octobre 1941, le jour même où il est promus au grade de sergent-chef, il décide de fêter ça à sa manière, avec Marcel Lefèvre et Albert Durand, ils s’envolent tous trois vers… Gibraltar où ils posent « en radada » (en rase-mottes !) leur Dewoitine 520 devant des anglais plutôt bluffés par cette arrivée surprenante. Lefebvre faisant « mieux » que les deux autres : « Jouant de malchance, Marcel Lefèvre se pose sur le champ de courses de La Linea. En un réflexe, il s’aperçoit de son erreur, remet les gaz et s’envole, laissant sur place les carabiniers qui, stupéfaits, n’ont même pas le temps d’ajuster son « Dewoitine ». Voler, c’est être sérieux et ne pas l’être parfois : Marcel saura très bien aussi faire les deux : « J’ai aussi décollé avec un D-520 pour faire de l’acrobatie pour des gosses : au décollage l’avion a pris feu, j’ai touché des arbres et l’avion a explosé. Je m’en suis sorti vivant sans savoir pourquoi ni comment … J’ai marché et c’est un gamin qui m’a récupéré. On m’a cherché durant 6 heures. C’est le gamin qui est allé les prévenir. Ils avaient même commencé à creuser autour de l’épave »
Les voilà à trois partis en convoi à bord d’une corvette vers l’Angleterre où il ont failli ne jamais arriver : leur convoi sera mitraillé par l’aviation allemande (des Stukas) et par des vedettes rapides, qui couleront quelques navires dans le lot. On retrouvera les trois compères évadés à Rayak, au Liban, où on les a envoyés pour se perfectionner avant de partir en russie (c’est là où avaient déboulé le 7 août 1933, Maurice Rossi et Paul Codos lors de leur record du monde de distance en ligne droite, après avoir parcouru en 55 heures, 9 104 km : ils venaient de… New York !). Les voilà qui débarquent à Ivanovo, à 250 km au nord-est de Moscou. le « Niemen » de Normandie viendra plus tard : c’est Staline en personne qui l’ajoutera après leurs combats mémorables au dessus de ce fleuve.
Mais pourquoi donc la Russie se demande-t-on ? Parce que le groupe d’Albert avait envie de se battre, avec des avions en nombre et modernes, mais aussi pour aussi la réputation des pilotes soviétiques, jugés de loin les meilleurs : « quand on a rencontré De Gaulle, on était en chaussettes, sans le sou, il a donné 30 Livres à chaque pilote sur ses comptes personnels. Du coup, on lui a demandé si on pouvait partir en Russie, car il semblait que les Russes menaient un combat du tonnerre alors qu’en Angleterre on ne menait que de petits combats avec peu d’avions. La Russie c’était loin, y a même un gars qui a dit que le temps qu’on y arrive la guerre serait finie ! »… Rejoindre des russes, déjà très admirés, ce qui se confirmera sur place : « c’était des pilotes du tonnerre. Ils se battaient pour leur pays et ne faisaient pas d’histoires. J’en ai un très bon souvenir » (…) « souvent les Allemands évitaient le combat. Les Russes étaient très accrocheurs et on pouvait compter sur eux. Ils tenaient parole : quand ils vous promettaient deux types vous les aviez ».
S’engager à l’époque avec sa famille restée en France ? Les jeunes savent-ils également à quoi ça exposait ? A des représailles et Marcel l’a raconté aussi ça : « quelles conséquences ont eu pour vous et vos proches votre départ ? « J’ai été condamné à mort, d’ailleurs j’ai encore le papier de ma condamnation ici. » Cela, il fallait aussi le savoir : et ne pas l’oublier en cas de capture, il n’avait aucune chance de s’en sortir vivant , déporté ou condamné après un procès sommaire ! Mais pas que lui, sa famille aussi, montrée du doigt par le régime de Vichy par d’odieuses affiches accolées sur les portes, annonçant la condamnation à mort du « traître ayant rejoint De Gaulle ». Marcel révélant avec humour dans l’interview que chez les gendarmes français, il avait déjà ses supporters : « Les gendarmes sont venus à Orly clouer sur la porte de ma mère la feuille de ma condamnation ainsi que sur la porte de la mairie. Ils lui ont dit qu’ils ne pouvaient pas ne pas la clouer, mais qu’elle pouvait toujours l’arracher. Ma mère a arraché les deux feuilles. Ma mère et ma sœur ont eu de la chance de ne pas être inquiétées car elles auraient pu être déportées ». Ça ne l’empêchera pas de mener 47 missions en Spitfire au dessus du Nord de la France… au sein de l’escadrille 340. La « Free french » ou « Ile de France » créée par décret du 20 octobre 1941 par DeGaulle en personne. L’entraînement, jugé trop long, les premiers Sptifire F5B (« moins « patates ») et enfin l’action…
« Enfin la 1ère mission de chasse pure est déclenchée dans le secteur d’Hardelot, Saint Omer, Cap Gris Nez, accompagné par les Squadron 129 et 81, le 10 avril 1942 à 17 h 10. Rejoint par le « Wing Northolt », la côte à peine franchit à Hardelot, les pilotes aperçoivent dans le lointain une mêlée confuse. Le wing commander donne aussitôt l’ordre d’attaquer et les trois sections se trouvent engagées dans le combat. Rapidement les engagements contre l’ennemi se succèdent. Les Fock Wulf 190, plus nombreux, attaquent sans cesse et malgré un vent violent qui les ramènent continuellement vers la France, les Spitfire réussissent à échapper à leurs assaillants. 3 pilotes sont portés disparus : le wing commander Robinson, le lieutenant Choron (décès) et le capitaine de corvette de Scitivaux (prisonnier) ». Le temps de s’aguerrir, et le groupe remportera ses premières victoires. De Scitivaux, d’un naturel plutôt têtu, s’évadera de Silésie après trois tentatives infructueuses, en février 1945 : en mars il est déjà en France pour reprendre des missions aériennes. Le 21 mai 1940, blessé, il s’était déjà « évadé » de l’hôpital de Boulogne-sur-Mer pour rejoindre Londres. Il avait été abattu à Condette, dans le Pas-de-Calais.
Ironie du sort, c’est à Rayak, repassé aux mains des anglais dès le 11 septembre 1941, qu’ils se retrouvent avant de partir en URSS, pour parfaire leur formation. Le 1er septembre 1942, c’est en Syrie cette fois que le général de Gaulle remettra au commandant Pouliquen la lettre de commandement du groupe de chasse Normandie. C’est le capitaine Mirlesse part qui amène à Moscou la liste des 62 premiers pilotes et mécaniciens volontaires : dedans, Marcel Albert et deux de ses collègues du GC 1/3… trois escadrilles sont prévues, qui seront baptisées « Le Havre », « Rouen » et « Cherbourg ».
En Syrie, DeGaulle aidé par les anglais, met en effet en place de nouvelles structures, loin de Vichy qui se demande ce qu’il trame. « La campagne de Syrie entraîne beaucoup moins de ralliements que de Gaulle l’a espéré ; en revanche, elle fournit aux FAFL l’infrastructure qui leur manquait. Ainsi la 1re escadrille de chasse, renforcée d’éléments venus d’Angleterre, d’Afrique du Nord et même de France, affectée à Rayak (Syrie), y constitue, dès le 15 septembre 1941, le groupe « Alsace« , placé sous le double commandement des capitaines Pouliquen et Tulasne ; à la tête de ses deux escadrilles, les lieutenant Littolff et Denis (bientôt remplacé par Yves Ezanno) sont chargés de l’entraînement des hommes. Le groupe « Alsace » n’accomplira que des missions secondaires en Egypte et en Libye avant de gagner l’Angleterre (septembre 1942) ».
L’idée des pilotes français d’aller combattre en URSS a fait son chemin auprès de DeGaulle et de anglais, qui y voient un gage de bonnes relations avec le redouté Staline. Le 19 février 1942, le général Valin, commandant en chef des F.A.F.L, et Commissaire National à l’Air du gouvernement provisoire de DeGaulle, remet à la Mission Militaire Soviétique en Grande-Bretagne une note qui préconise l’envoi d’une escadrille française en U.R.S.S : pendant 6 mois de longues discussions auront lieu sur comment l’organiser, et avec quels matériels. Les soviétiques sont d’un naturel méfiant et les négociations s’éternisent. Le trajet pour les faire rejoindre leur terrain d’aviation russe est tout un poème. Ils décollent finalement de Rayak à bord de trois DC-3 américains le 12 novembre seulement : direction… Bagdad ! Puis ils font Bagdad-Bassorah en train, Bassorah-Ahwaz (en Iran) en camion, et enfin arrivent le 28 novembre à Téhéran, d’où ils décollent cette fois dans 3 « Dakotas » soviétiques, direction Bakou. Le lendemain ils sont (enfin) à Ivanovo, après deux semaines de transports divers.
Les voilà donc (enfin !) en Russie. En face de nouveaux avions, réputés bien meilleurs. Marcel, qui avait descendu son Do-17 pendant la campagne de France, il ne lui fallait pas trop lui en faire voir dans le genre : entre un Dewoitine 520 et un Spitfire, il avait en effet vite choisi : « un avion pas mal, un moteur de 860 ch mais pas assez puissant, il aurait fallu un 1 200 ch. C’était un bon avion, solide et rapide malgré son petit moteur. Il était meilleur que les Spitfire I et II qui étaient des patates. » L’inverse étant la petite « bombe » soviétique qu’on lui proposait : un chasseur léger, très bien armé : « Le meilleur avion est le petit Yak-3 » énonce péremptoirement Marcel : « il était supérieur à tous les autres appareils, même les appareils anglais et les américains. De plus il avait un armement puissant avec son canon de 20 mm et ses deux mitrailleuses à 1500 coups minutes en 12,7. On a eu aussi un temps celui avec le canon de 37 qui était impressionnant : il était tellement long qu’on pilotait assis sur le canon. Il était trop lourd et quand on tirait on sentait le souffle du coup de départ et l’odeur de frite.« …
Marcel avait évidemment raison : quand il est arrivé en URSS, ces amis et lui ont tout simplement fait découvrir le « meilleur chasseur au monde » (selon le Fana N°307 de juin 1995) : le Yak-3. Ils voleront huit mois dessus. L’appareil était extrêmement léger, malgré un armement assez phénoménal : un Yak-3 muni de trois canons de 37 et 20 mm était 270 kg moins lourd qu’un Yak 9T. Le calcul des russes était juste : en moyenne, 31 obus de 37 mm suffisaient pour abattre un bombardier, contre 147 environ en 20 mm. Avantage encore du 37 mm : il pouvait être déclenché à 1000-1200 m de la cible, contre 500-600 pour le 20 mm. Les obus perforants de 37 traversaient 30 mm de blindage à 500 m de distance sous 45° d’angle de tir ! Seuls les Kingcobra américains prêtés étaient munis d’un canon d’aussi gros calibre ! Une légèreté, cependant, pour le Yak, qui avait son revers : passé 700 km/h, l’appareil perdait parfois son revêtement d’extrados ou de queue (les ailes étaient en bois, une seule version, fort rare, les avait en aluminium !) ! Très fiable, il fut utilisé à son retour en France jusqu’en 1956…. en 17 mois, les Yak-3 des français descendirent 189 avions allemands, contre 89 avec des Yak-1 et des Yak-9. Le Yak-3, pour des raisons de difficultés de construction est en effet apparu après le Yak-9… ça, c’est une subtilité de la production soviétique qu’il convient de savoir, les pilotes du « neu-neu » ayant volé sur les deux modèles !
L’escadrille du Normandie-Niemen devint vite mythique, mais pas que chez les français : de même que les P-51 des Tuskegee étaient redoutés par les allemands, pour des tas de raisons, elle devint vite la terreur des allemands, qui perdaient à coup sûr devant les petits Yaks : « en 1944-45, les Allemands refusaient souvent le combat s’ils savaient que les Français du Normandie Niémen étaient en l’air ou s’ils savaient qu’il y avait le 6 ».Le « six » étant l’avion d’Albert bien sûr ! L’escadrille Niemen aura la ferveur de combattre et de continuer une campagne de France qui, au vu des résultats, avait été plutôt réussie, contrairement à ce qui a pu être dit. Les joies et les peines, avec la perte de compagnons chers. Le 22 février 1943, c’est Tulasne qui devient commandant, mais il meurt au combat, hélas, le 17 juillet. Le 5 avril c’est la première victoire, contre un Focke-Wulf : c’est Durand qui l’a abattu ! Un deuxième le même jour ! Mais le 5 juin 1944 c’est au tour de Lefebvre de décéder… la veille du débarquement en France : « le 28 mai 1944, le lieutenant Marcel Lefèvre, commandant de la 3ème escadrille « Cherbourg », se pose en flammes sur le terrain de Doubrovka. Il réussit tout seul à s’extraire de son cockpit bien que gravement brûlé au visage, aux mains et aux cuisses. Cependant, il a encore la force de rassurer ses camarades sur son état. Transporté à l’hôpital de Moscou, malgré des efforts héroïques, le jeune lieutenant Lefèvre succombe, le 5 juin 1944, à ses blessures, la veille du débarquement allié dans sa chère Normandie. Il fut assisté jusqu’à son dernier souffle par le capitaine Delfino » dit le communiqué officiel, tragique. Lui aussi devint un héros de l’union soviétique, son corps étant rapatrié après guerre aux Andelys, Delfino devenant commandant le 12 décembre 1944. Malgré tout le talent des pilotes, c’est une vraie hécatombe, face aux trop nombreuses missions à effectuer : le groupe perdra 42 de ses 97 volontaires. A la fin de la guerre, les as du Normandie-Niemen avaient effectué la bagatelle de 5 240 missions de combat, et abattu 273 avions allemands !
Le 22 janvier 1945, la guerre pour Normandie-Niemen est terminée, et l’escadrille se pose en France, au Bourget : fait exceptionnel, alors que la guerre sur le front russe fait encore rage (jusque mai 1945, et qu’Hitler recule, malgré l’injonction donnée à ses troupes de ne pas le faire), Staline leur a offert à chacun leur appareil : ils rentrent à Paris en Yak-3 ! Albert lui était parti s’installer après… aux Etats-Unis. Après avoir été nommé attaché d’ambassade en Tchécoslovaquie en 1948, où il avait rencontré sa femme Frieda. Ses derniers moments ont été pénibles, après le décés de sa femme en 2008, un voisin embarrassant lui procurant des nuisances régulières. Il s’était lancé dans l’hôtellerie avec un certain succès depuis tout ce temps, étant à la tête de tout une chaîne. Heureusement, un homme s’est très bien occupé de lui, un français, Jean-Marie « John » Garric (ici à droite), collectionneur et restaurateur de… Yak, qui l’avait fait déménager à Harlingen, dans une maison de retraite,près de chez lui… et du hangar où il y avait toujours un Yak-3 portant le N°6 !!! Ne pouvait-on pas lui faire plus beau cadeau, que de lui offrir de partir ainsi vers des cieux infinis près de son avion favori ? Ces deux dernières années, Jean-Marie Garric s’était beaucoup dévoué pour notre héros national, par pur respect de l’œuvre accomplie. Sans demander quoi que ce soit l’état français, à part régulièrement de lui rappeler les médailles en retard à lui accorder ! C’est aussi à Harlingen qu’est la société « Garric Warbirds » où il monte des répliques à base de moteurs Allison V1710-111 à la place du Klimov VK 107 introuvable. De vraies merveilles, que vous pourrez encore voir en France à 9 reprises en septembre (le 12, il sera à Lens) ! L’occasion d’avoir une pensée pour Marcel Albert !
On s’était soudain quand même souvenu de Marcel, ici, en France, en lui accordant (fort tardivement et sous la pression de Garric !) le 12 novembre 2009 la Grand’Croix de la Légion d’Honneur, décernée par le consul Pierre Vimont, et remise par le General de Brigade Aérienne Gratien Maire, le chef de la mission militaire de l’ambassade de France à Washington… Il y a quelques mois, pour le 65 eme anniversaire de la fin de la guerre, les russes ne l’avaient pas oublié non plus : le consul général de Houston s’était rendu chez lui, lui apportant une médaille commémorative… et l’inévitable bouteille de vodka ! Il sera enterré le 30 aout à Chipley, en Floride, auprès de sa femme. Le seul survivant actuel du groupe est désormais Roland de la Poype, âgé de 90 ans aujourd’hui, un des plus jeunes (pilote à 20 ans en Angleterre lui aussi !) à avoir suivi l’aventure des pilotes expatriés en russie (à bord du N°24 !). Il a eu après guerre une autre vie en prime : c’est en effet un gérant d’entreprise ayant particulièrement bien réussi, étant l’inventeur du fameux berlingot DOP !
Pour saluer dignement la mémoire d’Albert, je vous recommande de vous rendre ici, à 50 mn de Rouen et à peine à 1 H de Paris, aux Andelys. Au musée de l’escadrille Normandie-Niemen, inauguré le 21 septembre 1992. Vous ne pouvez pas rater l’entrée
-Quatre pilotes de Normandie-Niemen ont été élevés à la dignité de « Héros de l’Union Soviétique ».

- Vingt et un ont été faits Compagnons de la Libération par le général DeGaulle.

- Quarante-deux pilotes français sont morts pour la France, sur un total de quatre-vingt-dix-sept qui participèrent aux trois campagnes.

-les pilotes :
PS : à l’annonce de son décès, la même histoire déjà entendue pour une grande résistante recommence, hélas : « C’est avec tristesse que j’apprends le décès de ce grand pilote et Français libre. Et dire que malgré ses titres de guerre, il aura fallu attendre 2009, puis 2010 pour qu’il soit élevé à la dignité de Grand Officier puis Grand Croix de la Légion d’Honneur. Je suis aussi choqué par le peu de couverture médiatique et scandalisé par l’absence totale d’hommage de la part des plus hautes autorités de l’Etat…pas le moindre communiqué du Président de la République, ni du Premier Ministre et pire encore du Ministre de la Défense ou du Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants…Aberrant !!! Par ailleurs, il n’est pas fait mention du décès de M. Albert sur le site du Consulat Général de France à Houston. Comme il y a pléthore de Grand Croix de la légion d’Honneur et Compagnons de la Libération au Texas, en Arkansas et en Oklahoma, on a du trouver inutile de faire part de ce décès à la communauté française de la circonscription consulaire pour que les ressortissants qui s’y trouvent puissent lui rendre hommage… » dit un bloggueur. Comment va-t-on perpétuer dignement le souvenir de nos héros avec si peu de considération pour eux ? A vrai dire, le 25 août, Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants, se fendait bien d’un texte… d’une platitude et d’un vide à pleurer. Ces grands hommes méritent quand même mieux que ces phrases creuses sorties du tiroir à compliments d’usage !

Documents joints à cet article

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