[Mondialisation – Multinationales] Les Mapuches victimes de l’exploitation capitaliste et du centralisme chiliens

A Caracas au Venezuela s’est constitué aujourd’hui un comité permanent de solidarité avec les Indiens mapuches du Chili.

Le 18 septembre la présidente du conseil national de Lonko de l’Assemblée Mapuche de gauche Ximena Cumicán a estimé que les Mapuches ne se sentaient pas concernés par le bicentenaire de l’indépendance du Chili – déclaration liée au fait que les Mapuches ont joui d’une plus grande autonomie sous la couronne espagnole qu’au sein du Chili indépendant.

Selon le recensement officiel de 2002, les Mapuches représentent 4% de la population chilienne (87,3% des indigènes), soit un peu plus de 600 000 personnes. D’autres statistiques en donnent un nombre plus élevé. Ils vivent dans le centre du pays. Selon Raul Zibechi, contributeur du livre Atlas alternatif, la survie des Mapuches en tant que peuple est menacée par l’industrie forestière chilienne qui depuis la dictature de Pinochet est entre les mains de deux grands groupes. « Malgré les plaintes relatives à la détérioration environnementale et sociale, malgré la résistance de dizaines de communautés mapuches mais aussi maintenant de pêcheurs et d’agriculteurs, et,  à la poursuite accélérée, en dépit des analyses d’organismes publics nationaux qui préviennent de ses dangers, du développement de l’industrie forestière, la quantité de bois disponible aura doublé en 2018 par rapport à ce qu’elle était en 1995, selon ce qu’indique la Corporation du Bois » explique-t-il dans un article de 2007.

Malgré le retour à la démocratie en 1989, et à la différence de ce qui s’est produit dans d’autres pays d’Amérique latine, en 1992, le Parlement a rejeté la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et la reconnaissance constitutionnelle des Mapuches comme peuple.

Aujourd’hui il est fréquent que désespérées, beaucoup de communautés envahissent les terres dont se sont emparées les entreprises forestières, et pour cela soient accusées de « terrorisme ». Depuis le début de l’été34 prisonniers politiques mapuches sont en grève de la faim, répartis dans six prisons.

Les organisations mapuche de gauche demandent l’abrogation de la loi anti-terroriste héritée de Pinochet et l’adoption d’une nouvelle constitution qui reconnaisse les droits de leur peuple.

Le président de la République chilienne Sebastián Piñera s’attache à diminuer la représentativité d’organisations comme celle de Ximena Cumicán et promet une aide de 4 milliards de dollars en investissements dans les constructions d’écoles et d’infrastructures pour les Mapuches. A supposer que la promesse soit tenue, il est peu probable que cela suffise à enrayer l’effet destructeur du productivisme néo-libéral sur cette population.

F. Delorca

Les Mapuches victimes de l’exploitation capitaliste et du centralisme chiliens – Le blog de l’Atlas alternatif / L’autre info sur le monde.

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