[Asie – Dictatures] Mafias libérales : Liberté d’expression en Thaïlande

mardi 28 septembre 2010

La blogosphère thaïlandaise se mobilise pour défendre la liberté d’expression au lendemain de l’arrestation de la directrice de Prachathai, un site d’informations indépendant. Chiranuch Premchaipoen, connue sous le pseudonyme Jiew, a été interpellée vendredi dernier à l’aéroport de Bangkok alors qu’elle rentrait d’une conférence internationale sur la liberté d’expression en ligne en Hongrie [1].

Accusée de crime de lèse-majesté pour des commentaires laissés par des internautes sur son site Internet, Jiew a finalement été relâchée après s’être acquittée d’une caution de 200 000 THB(environ 4800 EUR). Mais elle fait toujours l’objet d’une procédure judiciaire et risque jusqu’à 50 ans de prison. Et des internautes n’ont pas tardé a lancé une campagne de soutien en sa faveur [2].

Dans une vidéo diffusée en ligne, elle explique que malgré ces problèmes avec la justice, elle n’a jamais songé à fermer son site. Elle affirme en effet être convaincue que le droit à l’information est l’une des composantes les plus importantes de la démocratie.

Une liberté qui est plus que menacée. Depuis que l’état d’urgence a été imposé dans plusieurs provinces après les troubles politiques de cette année, le gouvernement a fait bloquer des dizaines de milliers de sites Web sans l’aval des autorités judiciaires.

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme montent au créneau pour condamner cette censure. Reporters sans frontières accuse ainsi la Thaïlande d’instrumentaliser la loi sur la cybercriminalité afin de faire taire les voix critiques qui s’expriment sur le Web.

Voir en ligne : Voir sur RSF (Reporters sans frontières)

Notes

[1] Chiranuch Premchaipoen, directrice du site d’informations Prachatai.com, a été arrêtée à son arrivée à l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok, le 24 septembre 2010. La police lui a présenté un mandat d’arrêt du tribunal provincial de Khon Kaen. Elle est accusée de diffamation envers la famille royale, en violation des articles 14 et 15 du « Computer Crimes Act » (loi sur la cybercriminalité) ainsi que de l’article 112 du code pénal. La plainte aurait été déposée le 11 août 2008 par M. Sunimit Chirasuk, résident de la province de Khon Kaen.

Elle avait été conviée à  » Internet at Liberty 2010  » organisée par Google et l’Université d’Europe centrale à Budapest, et qui réunissait plusieurs centaines de blogueurs de plus de 70 nationalités différentes, du 20 au 22 septembre 2010.

[2] La journaliste avait déjà été arrêtée, dans une autre affaire, le 31 mars 2010, et inculpée du crime de lèse-majesté. Elle avait été libérée au bout de trois heures et demie. Sa sœur s’était portée garante du paiement de la caution de 300 000 THB (environ 7000 EUR). Poursuivie en vertu du « Computer Crimes Act » et de la loi sur le crime de lèse-majesté, accusée de n’avoir pas retiré assez rapidemment du site une dizaine de commentaires considérés offensants pour la monarchie, elle risque jusqu’à 50 ans de prison. Elle avait pourtant rapidement retiré les messages incriminés après en avoir été notifiée en 2008.

Liberté d’expression en Thaïlande – Thaïlande information et démocratie.

Cet article, publié dans Activisme & Dissidence, Asie, Capitalisme Multinationales Banksters, Centralisme démocratique, criminalisation du militantisme, Engagement & citoyenneté, Ethique, Europe, Jeunesse, Justice & Droits de l'Homme, Lobbies et industries mafieuses, Logiciels Libres, Militance, Mondialisation, Nouvel Ordre Mondial, Observatoire des Dictatures, Politique, Réseaux sociaux & Web 2.0, Thaïlande, Veille antifasciste, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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