[Françafrique] Côte d’Ivoire : ce que WikiLeaks nous apprend

De l’influence du président Gbagbo sur le gouvernement Chirac, à la personnalité controversée de Charles Blé Goudé en passant par les bombardements de Bouaké, des memos de la diplomatie américaine révélés par le site WikiLeaks nous donnent un certain éclairage sur les dernières années de la politique ivoirienne.

De Villepin, Premier Ministre

Le président Gbagbo a-t-il joué un rôle dans la nomination à Matignon de l’ancien premier ministre Dominique De Villepin ? C’est en tout cas ce qui semble ressortir des échanges que le président Gbagbo a eu avec un ambassadeur des Etats-Unis.

Pour celui-ci, Laurent Gbagbo qui « adore parler » et « saute du coq à l’âne si on ne l’amène pas avec toute la courtoisie requise à revenir au sujet principal de la conversation », n’aurait cessé, le jour de leur rencontre, de s’en prendre au gouvernement français. Exception faite de M. De Villepin pour qui il aurait eu tous les éloges : [Il] « en est venu à réaliser que la politique du président Chirac d’essayer de se débarrasser de Gbagbo ne marcherait pas » aurait confié le président sortant de la Côte d’Ivoire.

De son côté, l’ancien premier ministre français, lui aurait personnellement demandé d’intervenir en sa faveur pour qu’il soit nommé chef du gouvernement par le président Chirac. Laurent Gbagbo se serait exécuté en « donnant la garantie à Chirac que de Villepin était la personne parfaite pour cette fonction ».

Cette rencontre entre Dominique De Villepin et Laurent Gbagbo aurait été, elle, organisée par Feu le président du Gabon, Omar Bongo.

Bouaké, les silences troublants du gouvernement français

Le bombardement du camp français de Bouaké en 2004 à créé un pic de tension en les deux pays. Dommage collatéral de l’opération « dignité » menée par les « troupes loyalistes » du sud contre les « forces nouvelles » du nord, ce bombardement avait couté la vie à 8 militaires français et un civil américain. En réponse les militaires de l’opération Licorne avaient détruit l’aviation ivoirienne.

Voilà ce que l’ex-ministre de l’intérieur du Togo, François Boko a dit aux américain à propos de cet événement : « Les deux Soukhoï 25 utilisés dans le bombardement ont été fournis au GCI [gouvernement de Côte d’Ivoire] par l’ex-gendarme français Robert Montoya. [Il] se les était procurés, ainsi que d’autres avions et d’autres types de matériel, en Biélorussie. Il avait aussi engagé des pilotes et des techniciens biélorusses. Les avions sont arrivés en pièces détachées au Togo, où ils ont été assemblés avant de voler jusqu’à la Côte d’Ivoire. »

« Les responsables togolais étaient informés de la présence des avions et des pilotes-techniciens au Togo. (…) Les forces françaises aussi devaient être au courant de cette présence puisque les avions biélorusses étaient garés dans la partie de l’aéroport de Lomé utilisée par les Français pour leurs propres missions aériennes de soutien des troupes françaises en Côte d’Ivoire. »

La où l’affaire devient embarrassante c’est quand celui-ci déclare avoir « communiqué leur identité et leurs activités via l’ambassade de France à Lomé, mais aussi par l’intermédiaire du général Poncet, qui commandait alors l’opération Licorne en Côte d’Ivoire ». Mais que les autorités françaises auraient refusé de les interroger pour la raison diplomatique obscure que la « France ne cherchait pas à compliquer ses relations avec la Biélorussie ».

Blé Goudé, du « ministère de la rue » au ministère de la jeunesse et de l’emploi

Charles Blé Goudé, ancien président de la Fesci [Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire] et meneur des jeunes patriotes et l’un des personnages les plus controversé du nouveau gouvernement Gbagbo.

Des sanctions ont été prises par l’Onu à son égard en raison de son implication dans de nombreux cas de violence « contre des installations des Nations unies, des personnels des Nations unies et des étrangers ». Il aurait également « organisé et participé à des actes de violences commis par des milices de rue, incluant des passages à tabac, des viols et des exécutions extrajudiciaires » indique un télégramme de juin 2008 obtenu par Le Monde via WikiLeaks.

Mais depuis, le président Gbagbo aurait tout fait lui redonné une respectabilité sur le plan international, faisant « des demandes répétées aux Nations unies pour qu’ils lèvent les sanctions contre Blé Goudé ».

Des diplomates français auraient confié à leurs homologues américains que « Blé Goudé est devenu un homme d’affaires très prospère, avec des intérêts conséquents dans des hôtels, boîtes de nuit, restaurants, stations service et dans l’immobilier en Côte d’Ivoire ». Et ce, sous couvert du gouvernement Gbagbo qui, « finance la totalité des activités de Blé Goudé ».

En conclusion cela fait douter les diplomates sur le fait que le président Gbagbo a respecté l’accord de paix d’Ouagadougou.

Côte d’Ivoire : ce que WikiLeaks nous apprend – Radio Africa N°1.

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