[France – Justice] Livre : Les disparus de Mourmelon, Contre-enquête – Eric Bellahouel

Le dossier des disparus de Mourmelon n’aurait jamais dû être refermé ! Il doit être ouvert à nouveau, car il s’agit d’une véritable affaire d’Etat ; tout ayant été fait pour que ce scandale n’éclabousse pas l’armée, « la grande muette ».
Au cours de cette enquête, on croise des militaires haut gradés et bien d’autres personnages troubles, parties prenantes dans cette affaire, et qui ne seront jamais inquiétés. Cependant, un seul nom sera retenu, celui de Pierre Chanal. Celui qui, dès son arrestation, clamait qu’il n’était pas  » le seul militaire » dans ce dossier. Ce livre est basé sur des faits précis et des preuves. II révèle que l’affaire va bien au-delà des 8 disparitions et meurtres officiellement retenus, et qu’il reste aujourd’hui 21 disparitions inexpliquées, y compris des meurtres classés en suicide.
L’enquête listera officiellement 63 « délinquants sexuels pervers », tous gradés, au sein de Mourmelon, notamment des colonels et des commandants. Une réalité dissimulée sous une énorme chape de plomb. Ce livre raconte le calvaire de dizaines d’appelés, traqués lors de véritables chasses à l’homme se terminant par des viols ! Autant de faits permettant d’affirmer que l’affaire des disparus de Mourmelon, dite l’affaire Chanal, est aussi une affaire d’Etat.

Livre : Les disparus de Mourmelon, Contre-enq…. Eric Bellahouel – 9782847243239.

Du nouveau (Source : L’Union Champagne Ardenne – 16 mars 2011) :

En reprenant la RN 77,

MARNE. Deux témoins jurent avoir vu le Combi vert de Pierre Chanal stationné au cœur du triangle maudit  dans des circonstances inquiétantes. L’une de ces pistes n’a pas été creusée par la justice. L’autre, signalée  à un gendarme, semble s’être perdue dans la nature. Révélations.

DES puits, des cavités et des parcelles de terrain ont été explorés à la pelle pour tenter de retrouver les corps des disparus de Mourmelon, avant et après l’arrestation de Pierre Chanal en août 1988. Les gendarmes ont remué ciel et terre pour découvrir de nouveaux indices. Dans l’espoir que les familles puissent offrir une sépulture digne de ce nom à leurs enfants martyrisés. Mais au fil des années, les fouilles se sont espacées et le silence est retombé à défaut de pistes sérieuses.

« Je suis resté figé devant la télé »

Le 11 janvier 2001, l’enquête sur les disparus de Mourmelon touche à sa fin. Pierre Chanal est sous contrôle judiciaire, réfugié auprès des siens dans la Loire. Le suspect numéro 1 pointe régulièrement à la gendarmerie, en attendant de comparaître devant la cour d’assises de la Marne. « Bobby 08 » – cibiste – est, lui, cloué à sa maison, dans un village des Ardennes, à quelques kilomètres de Sedan. Il est à table avec son épouse et regarde le journal télévisé.
Ce qui est un petit événement pour ce chauffeur routier qui passe sa vie à manger des sandwiches et à avaler les kilomètres au volant de son semi-remorque.
En fait, s’il regarde la télé au chaud dans sa cuisine, c’est qu’il est terrassé par des lombalgies. Mais ses douleurs ne sont rien au regard du choc que lui procure une des images qui illustre le reportage consacré à l’affaire Chanal. « Je suis resté figé devant la télé. J’étais abasourdi… », témoigne Bobby, sous couvert d’anonymat.
C’est la vue du Combi vert de l’adjudant-chef qui le laisse sans voix. Car le chauffeur routier en est certain… Ce Combi vert, ces rideaux et ce type énergique à la silhouette sèche le renvoient à cette scène étrange – et même hors du commun – à laquelle il a assisté un jour d’hiver, entre fin 87 et début 88. Treize longues années se sont écoulées, mais Bobby y croit dur comme fer. Pierre Chanal et ce type aperçu le long de la RN 77, à portée de canon du camp de Suippes, ne font qu’un.

Une maquette pour rejouer la scène

Bobby rassemble ses souvenirs. Il fouille dans sa mémoire pour tenter d’assembler toutes les pièces du puzzle. « J’en dormais plus… Je me réveillais à 4 heures du matin pour retrouver le moindre détail. Pour moi, c’était un devoir de reconstituer le fil des événements. » Il prend contact avec les gendarmes de la SR de Reims qui recueillent son témoignage deux mois plus tard. Le récit leur paraît digne d’intérêt (lire par ailleurs). Et puis, Bobby livre une précision qui fait mouche.
Le Combi est immatriculé dans le « 77 », comme celui de Pierre Chanal. Mieux, le routier assure qu’il a noté la combinaison de la plaque minéralogique sur la feuille de son carnet GPR. Bobby accompagne les gendarmes chez son employeur où sont stockés les fameux carnets de bord. « Nous avons retourné plusieurs mètres cubes de documents pendant deux jours sans le retrouver. » La faute à pas de chance. Ou plutôt à la surchauffe d’un appareil qui a entraîné la perte d’un an d’archives.
Finalement, faute d’éléments objectifs pour valider la présence de Pierre Chanal, les enquêteurs renoncent à creuser la piste. Bobby, lui, s’entête. Il réalise une maquette pour figer cette scène qui a bouleversé sa vie, pour ne pas perdre une miette de son histoire et sans doute aussi pour achever de convaincre les militaires. Mais il n’a plus jamais entendu parler de rien. Alors, il vit avec le regret de n’avoir pas donné l’alerte sur le moment. Tout en se rassurant :
« Est-ce que ça aurait changé quelque chose ? Vous croyez que les gendarmes auraient fouillé la carrière alors que rien n’était visible en surface ? » Pas sûr, en effet…

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