[Spiritualités & Traditions] NINJAS – Ninjutsu : Masaaki Hatsumi : interview Times 2003

Une vie un jour: Masaaki Hatsumi, grand maître de l’école ninja Togakure.

Masaaki Hatsumi, 73 ans, est le 34ème grand maître de l’égole ninja Togakure, un centre d’entrainement des arts guerriers Japonais. Il habite à Noda, au nord de Tokyo.

Je me lève dès que je me réveille, bien que je ne sois pas un lève tôt car j’ai tendance à travailler tard dans la nuit. Je ne sais pas à quelle heure je me couche ou me lève chaque jour, car en tant que ninja j’ai pour habitude de ne pas avoir une quelquonque routine. Il est mauvais d’avoir un modèle figé de vie car les trois moments les plus faciles pour tuer un homme sont quand il est aux toilettes, au lit ou en train de manger. Personne ne peut me surprendre endormi ou assoupi, car je me suis entrainé toute ma vie à être en alerte. Baisser votre garde équivaut au suicide.
Cela dit je commence toujours une journée avec le même plat: un mélange de riz brun, tofu, haricot rouge et champignons mélangés ensembles. Je prend aussi du thé Japonais, mélangé spécialement pour moi. Après le petit-déjeuner je fais ce qui me passe par la tête; mais pas ce que j’ai fait la veille. Peut-être vais-je écrire pour un magazine ou travailler sur une de mes peintures. Mes peintures à l’huile ont été exposées à Manchester et Washington DC. Ou peut-être vais-je marcher pendant deux ou trois heures avec mes cinq chiens borzoi, le seul exercice que je fais dorénavant.

J’ai pratiqué les arts martiaux depuis que je suis enfant, bien que ce soit plus profond que les sortes d’entrainements physiques que la plupart des gens pourrait comprendre. Il s’agit de la facon de vivre votre vie. Je ne fais plus de pompes maintenant j’ai 73 ans, bien que je n’ai pas le corps d’un homme de 73 ans. Cela n’a rien avoir avec la technique, il s’agit de manière de vivre. N’importe qui peut prendre des photos, mais peu peuvent êtres décrites en tant qu’art. De même que le monde a besoin de sculteur et d’artistes, les arts martiaux sont également important.

Je ne suis jamais devenu un ninja. Je l’ai toujours été et cela a toujours été en moi. J’ai eu une enfance difficile: mon père buvait et était violent, alors j’ai du protéger ma famille. J’ai grandi dans le Japon d’après-guerre, quand il était interdit de pratiquer un art martial autre que le judo, le karate ou le kendo.

Je suis devenu instructeur et dans les années 60 j’ai commencé à enseigner dans les bases militaires US. J’ai rapidemment compris que ces disciplines ne marchaient pas très bien si votre adversaire est plus gros et plus fort que vous, alors j’ai commencé à étudier les arts martiaux anciens et suis devenu un élève de Toshitsugu Takamatsu, le 33ème grand maître de l’école ninja Togakure. Quand il est mort en 1972, je suis devenu le grand maître.

J’enseigne trois fois par semaine quand je suis au Japon, et je suis souvent invité pour enseigner ou donner des conférences à l’étranger. J’ai enseigné dans 50 pays et eu des lettres de remerciement de cinq présidents US, de Margaret Thatcher et de Nelson Mandela. J’ai partagé mes connaissances avec le SAS et le SBS, aussi bien qu’avec la police et les forces spéciales de part le monde. Certaines personnes dans mon école refuseront de vous dire leur travail si vous leur demandez. L’un d’eux revient tout juste de six mois en Afghanisan et en Iraq.

On s’entraine à l’utilisation des armes: corde, sabres, lances, chaines, tout est une arme. Une feuille de papier. Tout ce qui n’a l’air de rien. Je suis un arsenal vivant. Mais être un ninja n’est pas juste une histoire de physique. C’est apprendre la conscience, le spirituel. Vous devez développer le sentiment de tuer, mais avec l’habileté de ne pas tuer. Vous devez avoir les trippes de tuer, mais aussi les habiletés physiques, spirituelles, et la force de ne pas tuer, de donner à votre adversaire une sortie, une excuse pour dégager. En réalité, je ne leur enseigne rien. Je leur montre comment mener leur vie. C’est à eux de la saisir ou pas.

Qu’est ce qu’un ninja? Qu’est ce que le temps? Vous me demandez de définir quelque chose qui par sa nature profonde n’est pas comprit. Le Ninjutsu est basé sur la déception, mais c’est bien plus que ca. C’est l’utilisation des armes et l’art de la dissimulation, mais il s’agit de bien plus que lancer des étoiles ou être furtif.

Un test pour les élèves haut gradés est que je leur coupe la nuque au sabre et ils doivent le sentir et rouler hors de la trajectoire. J’essaye de les amener à un niveau où ils bougent sans savoir pourquoi, à transcender la compréhension.

Il y a beaucoup d’idées fausses autour des ninjas. La plupart ont commencé au 14ème siècle, il furent mis dans la même catégorie que les samourais, les hommes d’affaire du moyen-âge. Un samourai était disposé à mourir pour son seigneur. Mais un ninja a toujours été indépendant du gouvernement, et nous avions une philosophie qui était de vivre pour le salut de nos familles. Nous croyions que nous menions une existence bénie, mais quand il s’agissait de nos compétences, cela ne génait pas d’avoir une mauvaise réputation. C’est une partie de notre pouvoir, une partie de notre mysticisme.

A la fin de la journée, je vais ouvrir le frigo et prendre ce qui est à portée de main. Peut être vais-je prendre un verre mais je ne suis pas un gros buveur de bière ou de sake. Parfois nous avons certains de mes étudiants pour le diner, mais je ne leur donne que de brèves informations. Je vais probablement aller marcher avec les chiens à nouveau, mais qui sait si ce sera à 5 heure de l’après midi ou du matin? J’essaye d’écrire tous les soirs, et je suis un danseur accompli à ce qu’on dit. J’aime les danses traiditionnelles Japonaises autant que les danses de salon, car je suis assez léger avec mes pieds.

Quand je sens qu’il est temps d’aller me coucher, je vais m’enrouler dans mon futon et m’endormir rapidemment, mais souvent je rêve à mon maître, Takamatsu, et ces rêves sont souvent terrifiant, comme quand il m’attaque dans mon sommeil. Le premier jour où je fus son apprenti, j’ai dormi dans sa maison. Le matin il me demanda combien de fois il était venu dans ma chambre pendant la nuit et combien de fois je pensais qu’il aurait pu me tuer. Pendant les cinq années qui suivirent je n’ai jamais bien dormi, car j’étais à l’affut du moindre bruit. A la fin je devais lui demander. Il répondit qu’il nétait jamais venu, en cela j’avais appris une bonne leçon.

Kwoon.info • Consulter le sujet – Masaaki Hatsumi: interview 2003.

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