[Cultures de l’imaginaire – Steampunk] Sherlock : comment moderniser un mythe | Le blog des séries – Yahoo! Télé

 

Après le très grand succès remporté sur France 4 en début d’année, France 2 diffuse à son tour la première saison de Sherlock, une production télé britannique en trois épisodes. Serait-ce une énième version d’un personnage usé jusqu’à la corde, déjà adapté de toutes les façons possibles ? Spielberg a produit une version ado (Le Secret de la Pyramide) et Robert Downey Jr l’a récemment remis sur les rails des salles obscures. Fallait-il à nouveau adapter le personnage mythique de Conan Doyle ? Oui, à condition d’avoir la bonne idée !

Sherlock Holmes est de ces personnages iconiques que l’on nous ressert régulièrement. Valeur sûre parce que très connue, capable de toucher sans peine toute nouvelle génération de spectateurs, la « franchise Sherlock Holmes » finit par ressembler à Star Trek, tant il existe de multiples versions.

Côté télévision, la version interprétée par Jeremy Brett, sans nul doute la plus luxueuse et la plus fidèle aux romans d’origine, a fait date. Tout le soin et le savoir-faire dont peut faire preuve la télévision britannique se sont trouvés concentrés dans ces épisodes produits entre 1984 et 1994.

Le Sherlock nouveau n’est pas meilleur que les autres, il est simplement différent. Grâce à cela, il a remporté un véritable triomphe en Grande-Bretagne. L’idée est simple : Sherlock et le docteur Watson sont nos contemporains. Ils vivent à Londres en 2010, utilisent les smartphones et Internet. Mais ils conservent cet esprit de déduction qui a fait leur célébrité.

Vif, riche et splendidement réalisé, ce Sherlock-là a été co-imaginé par un scénariste déjà bien connu de la télévision. Steven Moffat a en effet déjà remis au goût du jour les personnages du docteur Jekyll et de mister Hyde, avec la mini-série Jekyll, proprement stupéfiante.

Invité d’honneur du récent Comic Con’ Paris, Moffat ironisait en disant : « Je vais devenir l’homme qui travaille à déterrer les figures de légende ! » Il avouait plus sérieusement que traiter ainsi deux personnages déjà connus était « une vraie coïncidence et je ne le ferai jamais plus », tout en reconnaissant y avoir pris un certain plaisir : « C’est très sympa de travailler sur des personnages qui sont déjà préétablis. Avec Mark Gatiss, nous écrivions des épisodes de la série Doctor Who et nous faisons d’interminables voyages en train entre Londres et Cardiff. Un jour, nous avons donc évoqué notre passion commune pour Sherlock Holmes, surtout pour les adaptations avec Basil Rathbone. Nous n’arrêtions pas de penser que quelqu’un allait prendre la suite. On aurait été si contrarié d’apprendre que quelqu’un d’autre pouvait le faire à notre place que j’ai lancé l’idée auprès de ma femme, qui est productrice. Et voilà ! »

Les remakes et autres reboots de séries télé sont à la mode, et après V ou Hawaii 5-0, la saison prochaine nous proposera les nouvelles versions de Dallas et des Drôles de dames. S’il reste encore un quelconque intérêt dans ces productions, c’est quand elles offrent un traitement réellement original et différent, comme pour Battlestar Galactica.

En se lançant dans Sherlock, c’est aussi la démarche qu’ont eue les auteurs, en faisant « leur » Holmes et « leur » Watson. À tel point que les autres incarnations ne sont pas effacées par cette dernière mais gardent leur place, chacune à sa façon. « La version avec Jeremy Brett était très respectueuse de son héritage littéraire. Celle qui me plaisait le plus était la version avec Rathbone car elle était pleine de charme et d’humour. Et le film de Billy Wilder, La vie privée de Sherlock Holmes, est mon préféré » avouait Moffat.

Clairement, pour réinventer un univers déjà existant, la recette consiste à mélanger le respect et l’innovation : « Tout ce qui est important dans les personnages de Holmes et Watson reste identique : les déductions brillantes, les monstres abominables et les crimes à vous glacer le sang. Car, franchement, on se fout de la crinoline et des redingotes. »

France 4 sera la première chaîne française à diffuser les trois prochains épisodes de cette version, dont l’un reprendra l’une des histoires les plus connues du détective : Le chien des Baskerville. Là encore, on est impatient de voir ce que les auteurs britanniques en ont fait !

Alain Carrazé, directeur de 8 Art City

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