[Arts martiaux traditionnels] LEs 30 ans de l’Académie autonome d’aikido Kobayashi Hirokazu

Trente années sont passées depuis ce jour où Kobayashi Soshu me dit : « Le système des fédérations ne convient pas au budo. L’aikido est un budo et n’est en rien un sport. Il doit être développé dans le cadre d’une structure d’école respectant la tradition. Si vous voulez vraiment faire mon aikido, créez votre école ». Je ne fus pas long à prendre la décision. Je n’en mesurais guère les conséquences. Certains me quittèrent aussitôt, d’autres me jalousèrent, d’autres encore me menacèrent ouvertement, enfin, l’on me prédit cette évidence : « On te donne au maximum deux ans, après quoi, cette 3A n’existera plus ». Il y eut aussi ceux qui me soutinrent et vinrent me rejoindre. Sensei se pencha sur notre création, prodiguant des conseils, m’aidant discrètement à m’orienter. Aujourd’hui, trente ans après, je les remercie tous, ceux qui m’ont approuvé, ceux qui m’ont apporté leur concours, ceux qui m’ont enseigné que le monde n’est pas toujours bienveillant, ceux qui m’ont enseigné la prudence en condamnant d’avance mon projet, ceux qui m’ont montré la richesse de cette démarche en me jalousant. 3A n’a été créée contre rien ni personne mais pour mener au mieux, selon nos convictions intimes, le vrai projet du budo : élargir, serait-ce de manière infime, le cercle de l’harmonie et de la paix.

Nous ne prétendons détenir aucune vérité, nous ne nous sentons en rien meilleurs qu’aucune autre école d’aikido, qu’aucun autre style, nous suivons cette voie que nous avons choisie, dans le sillage de nos illustres prédécesseurs, en appliquant autant que possible cette règle qui est devenue notre maxime : ni domination, ni soumission, ni compromis, respect, humilité, loyauté.

Cette maxime a deux faces, celle des négations, celle des affirmations.

Ne pas chercher à dominer qui que ce soit, ne pas prendre le pouvoir sur les êtres, ne diriger que soi-même en suivant la voie.

Ne se soumettre à rien, en particulier ne pas céder à la violence, bien sûr à celle des autres mais surtout à la violence intérieure qui nous commande de dominer les êtres et les événements.

Ne pas faire de compromis avec les autres, le compromis ayant toujours pour objet de reprendre le contrôle de la relation. Ne pas en faire non plus avec soi-même sur l’application des règles du budo et le respect des lois. Vivre dans la sincérité.

L’autre face : respect, humilité, loyauté sont les conditions premières pour pouvoir appliquer le principe des trois « ni ». Elles sont aussi ce à quoi l’on peut aboutir en l’appliquant. Existe-t-il en ce monde un autre objet que la règle ?

Pour fêter cet anniversaire, tous les aikidoka, tous les budoka de toutes les écoles et de tous les styles sont les bienvenus. Mon dernier mot sera pour exprimer mon sentiment de gratitude infini envers Kobayashi Hirokazu Soshu, O Sensei Ueshiba, tous ses disciples et envers tous ceux qui contribuent par leur travail dans les dojo au développement des vertus du budo. Arigatai !

Le mot de Cognard Shihan | Présentation | Académie autonome d’aikido Kobayashi Hirokazu.

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