[France – Politique intérieure] Merah était-il un indic des renseignements ? – Le Nouvel Observateur

Le chef de la DCRI Bernard Squarcini dément cette hypothèse qui circule depuis hier.

le ministre de l'Intérieur Claude Guéant et le patron de la DCRI Bernard Squarcini (à sa gauche) à l'Elysée le 27 février 2012. (WITT/SIPA)

le ministre de l’Intérieur Claude Guéant et le patron de la DCRI Bernard Squarcini (à sa gauche) à l’Elysée le 27 février 2012. (WITT/SIPA)

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Mohamed Merah, qui a revendiqué les tueries de Toulouse et Montauban, n’était « ni un indic de la DCRI, ni d’autres services français ou étrangers », a affirmé mardi 27 mars le chef de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini. Il répondait aux doutes émis depuis hier par différentes sources quant aux relations entre Mohamed Merah et les services de renseignement.

Entré en Israël avec la DGSE ?

Lundi 26 mars, le quotidien italien « Il Foglio » a affirmé que l’auteur des tueries de Toulouse et Montauban avait réalisé ses nombreux voyages -Egypte, Turquie, Syrie, Liban, Jordanie, Israël, Afghanistan, Pakistan- sous la protection des services de renseignements français, qui l’auraient utilisé comme informateur. Une intervention de la Direction générale de la sécurité extérieur (DGSE), l’agence française chargée de l’espionnage et de l’antiterrorisme en dehors des frontières nationales, aurait notamment permis au jeune Toulousain d’entrer en Israël en septembre 2010.

Selon Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem cité par Francetv, Mohamed Merah est bien entré à cette date sur le territoire israélien, par un point de contrôle de la frontière avec la Jordanie. Il doute fort, en revanche, d’une éventuelle mission confiée par la DGSE, quand elle dispose de « représentants officiels à l’ambassade de France à Tel Aviv et au consulat de France à Jérusalem, qui sont en contact avec les services de sécurité israéliens et palestiniens ». Sur Twitter, il précise :

 

Un indic de la DCRI ?

De son côté, l’ancien patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST) Yves Bonnet, qui n’a pas participé à l’enquête, a souligné à son tour dans le quotidien « La Dépêche » mardi 27 mars la possibilité d’une « collaboration » de Mohamed Merah avec les services de renseignement :

Le garçon avait manifestement des relations avec la DCRI comme on l’a appris à travers les déclarations de Bernard Squarcini lui-même. C’est-à-dire qu’il avait un correspondant au Renseignement intérieur. Alors appelez ça ‘correspondant’, appelez ça ‘officier traitant’… je ne sais pas jusqu’où allaient ces relations, voire cette ‘collaboration’ avec le service, mais on peut effectivement s’interroger sur ce point »

Sur la question de savoir si Mohamed Merah pouvait être « un indicateur » -au sens strict- de la DCRI, l’ex-patron de la DST n’a pas nié. Ni confirmé :

Eh bien voilà… c’est exactement ça le problème. Car ce qui interpelle, quand même, c’est qu’il était connu de la DCRI non pas spécialement parce qu’il était islamiste, mais parce qu’il avait un correspondant au Renseignement intérieur. Or avoir un correspondant ce n’est pas tout à fait innocent »

Pour Eric Meillan, ancien sous-directeur de la DST, les relations entre Merah et les services de police n’ont rien d’exceptionnel. Dans une interview au « Nouvel Observateur », il explique :

Quel voyou de banlieue qui a été arrêté quinze fois peut dire qu’il n’a jamais été confronté à un policier cherchant à lui tirer les vers du nez ? Si c’est le cas, c’est que des policiers n’ont pas fait leur travail »

Pour sa part, Bernard Squarcini a expliqué au « Monde » le vendredi 23 mars que Mohamed Merah avait été convoqué en novembre 2011 par la DCRI de Toulouse « parce que nous voulions recueillir des explications sur son voyage en Afghanistan. C’est un entretien administratif sans contrainte, puisque nous n’étions pas dans un cadre judiciaire (…). Des dispositions ont été prises, la DCRI l’a notamment inscrit au fichier des personnes recherchées pour être informé en cas de contrôle et de déplacements ».

« Si c’est vrai, c’est une mauvaise pioche »

Interrogé dans la matinée par « Le Nouvel Observateur », l’ancien ministre de l’Intérieur (2000-2002) Daniel Vaillant est quant à lui resté très prudent :

Si c’est vrai, la DCRI ne le dira pas. Et lui n’est pas là pour le confirmer. Mais c’est une hypothèse plausible dans le cadre des services de renseignement. L’erreur serait alors d’avoir pensé que Merah pouvait jouer ce rôle, que la DCRI pouvait s’en servir. Ce serait une mauvaise pioche »

Comment savoir ? Eric Meillan rappelle qu’il existe « un fichier officiel des indics qui sont payés en tant que tels. La justice peut le consulter puisque c’est un magistrat qui dirige ce fichier. Et toutes les sources qui sont payées y figurent ». Y trouvera-t-on le nom de Merah?

Merah était-il un indic des renseignements ? – Le Nouvel Observateur.

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